Les océans, poumons de la planète

Recouvrant près de 71 % de la surface de la terre, les océans jouent un rôle majeur dans le fonctionnement de notre planète. Ils régulent le climat, stockent le CO2 et représentent par ailleurs une richesse indispensable pour l’homme. Nourriture, remèdes, cosmétiques, matières premières, énergies renouvelables, emplois… sont autant de bienfaits qu’ils nous délivrent. Au cœur de notre existence et pourtant sans cesse malmenés – pollution, surpêche, acidification, réchauffement climatique – les océans sont une ressource à préserver pour assurer l’avenir de l’humanité. Tour d’horizon.

LE RÔLE CLÉ DES OCÉANS

Les océans représentent le plus grand réservoir d’eau et de chaleur de la planète. Il est capable d’absorber, de transporter et de restituer de la chaleur. Comment ? Grâce à un échange d’eau permanent entre les quatre grands réservoirs que forment les mers et océans, les eaux superficielles et souterraines, l’atmosphère, la biosphère. Le soleil, grâce à son énergie thermique, active et maintient constamment les masses d’eau en mouvement. C’est ce qu’on appelle le cycle de l’eau. Le phénomène est simple : l’eau de mer s’évapore grâce à l’action du soleil, s’amalgamant ensuite pour former des nuages et retombant enfin sous forme de pluie et de neige pour rejoindre les rivières et les fleuves et terminer sa course dans l’océan.

Source CNRS

Autre atout majeur : les océans nous permettent de respirer en recyclant le CO2 et en produisant de l’oxygène. Plus de 50 % de l’oxygène provient de la mer. Souvent invisible à l’œil nu, le phytoplancton marin libère plus d’oxygène dans l’air que toutes les forêts du monde ! Véritables puits de carbone, contenant près de 60 fois plus de CO2 que la quantité de gaz carbonique présente dans l’atmosphère, les océans contribuent donc aussi à limiter le réchauffement climatique, dans la mesure où celui-ci n’induit pas une acidification trop importante.

DE MULTIPLES RICHESSES

La mer est le biotope (ou milieu biologique) disposant du plus grand nombre d’espèces végétales et animales. Les océans nourrissent aujourd’hui près de 3,5 milliards d’êtres humains, soit une personne sur deux. Et si le stock de poissons est important, celui de molécules l’est tout autant. Une réalité extraordinaire lorsqu’on sait que de nombreuses substances d’intérêt pharmacologique ont ainsi pu être identifiées. Un exemple ? La squalamine. Isolée à partir d’un requin, cette molécule est un puissant inhibiteur de la néoangiogénèse qui contribue à la croissance des tumeurs cancéreuses : une découverte qui devrait très prochainement offrir de nouvelles alternatives au traitement des cancers.

Enfin, sur le plan économique, les océans offrent de véritables opportunités. Les régions localisées près des côtes sont à l’origine de 40 % des richesses générées au sein de la communauté européenne grâce aux revenus cumulés fournis par la pêche, le tourisme, les transports, les industries, les énergies renouvelables et le commerce. En France, ce sont plus de 300 000 emplois (hors tourisme littoral) qui sont liés à la mer, représentant un chiffre d’affaires globale de plus de 50 milliards d’euros. Sans oublier les fonds marins qui représentent d’incroyables réservoirs de matières premières : la majeure partie des réserves mondiales de minerais et de métaux rares – cuivre, cobalt, zinc – y est renfermée.

DES ESPÈCES MENACÉES

La survie de l’espèce humaine dépend des océans et pourtant… l’homme ne cesse de leur nuire en dégradant ces écosystèmes fragiles. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 30 % des réserves mondiales de poissons sont surexploitées. La surpêche mais aussi la pollution et l’acidification des océans menacent l’équilibre de la planète. Actuellement, deux êtres humains sur trois habitent à moins de 80 kilomètres de la mer. Une population dense dont une partie des déchets se retrouve… dans la mer. Selon une étude parue le 30 juin 2014 aux Etats-Unis dans la revue de l’Académie américaine des sciences, les déchets de plastique flottant sur les océans représenteraient entre 7 000 et 35 000 tonnes, avec une plus grande concentration dans le Pacifique Nord. Un phénomène de pollution également étudié au mois de mai 2014 par l’Expédition 7ème Continent, dans l’Atlantique Nord avec un constat identique : les micro-déchets issus de la dégradation des macro-déchets favorisent la colonisation de micro-organismes et contaminent la chaîne alimentaire.

En 2015, Expédition 7e Continent poursuit son action avec le soutien de SUEZ environnement. Deux expéditions sont prévues du 15 mai au 15 Juin 2015 en Atlantique Nord et fin 2015 en Atlantique Sud, alliant des savoir-faire scientifiques, pédagogiques, médiatiques structurées autour d’un engagement commun par l’action.