Questions à Julian Barbière, UNESCO

Julian Barbière, chef de la section des politiques maritimes de la Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO 

  • Comment et depuis quand l’association des Nations Unies agit-elle pour la préservation des Océans ?

La Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO existe depuis 1960 et rassemble aujourd’hui 147 états membres. C’est le seul organisme intergouvernemental au sein des Nations Unies à avoir pour mandat la promotion de la science maritime. Cette plateforme internationale a pour objectif premier de favoriser la coopération internationale pour comprendre et assurer une gestion efficace des ressources des océans et des zones côtières. La COI réalise par ailleurs une surveillance des océans et un travail de recherche sur les aspects physiques, chimiques et biologiques des milieux marins afin d’informer les parties prenantes avant toute prise de décision quant aux questions marines. De plus, cette commission vient en aide aux pays victimes des dérèglements climatiques. Dans ce but, elle coordonne et favorise notamment la création de systèmes d’alerte et d’atténuation des tsunamis au sein des océans Pacifique et Indien, de l’Atlantique Nord-Est, de la Méditerranée et de la mer des Caraïbes.

  • Le 8 juin dernier se tenait la Journée mondiale de l’océan, événement organisé par l’UNESCO et point de départ du partenariat conclu avec SUEZ. Quel est concrètement le rôle d’un partenariat comme celui-ci ?

Pour mener une vraie politique de développement durable, il faut lancer des actions concrètes et un partenariat comme celui que nous développons avec SUEZ va justement dans ce sens. L’implication du Groupe lors de la Journée mondiale de l’océan le 8 juin dernier, se renouvellera à travers un programme de sensibilisation et de diffusion de l’information s’étendant sur les 2/3 prochaines années. Il est en effet urgent de sensibiliser le grand public à ces questions fondamentales. En septembre prochain, les Nations Unies annonceront les objectifs de développement durable adoptés par les états membres et définissant le cadre d’action, pour les 15 prochaines années. L’occasion, en vue de la COP21 qui se tiendra à Paris en décembre 2015, de mettre ces enjeux au cœur des débats. Car il faut bien avouer que les océans sont les grands oubliés des négociations passées. Notre association avec SUEZ souligne cette volonté forte d’agir ensemble pour informer, sensibiliser l’opinion publique et pousser les gouvernements à mener une politique des océans.

  • Face à cette catastrophe écologique que représente la pollution des océans, peut-on encore avoir confiance en l’avenir ?

Il est vrai que les recherches nous prouvent aujourd’hui qu’aucun endroit en mer sur l’ensemble du globe n’échappe à la présence humaine : pollution aux déchets plastiques, impacts de la pêche, de la prospection minière… Mais nous devons rester positifs. Bien que les progrès soient lents à se mettre en place comme en témoignent les 10 années de discussions pour parvenir à la mise en place d’aires marines protégées en haute mer, ils ont néanmoins le mérite de voir le jour. Le chemin est long mais en unissant nos forces, nous parviendrons à faire changer les choses. Pour cela, nous devons œuvrer à une meilleure collaboration entre la recherche scientifique et les politiques. Ces derniers doivent prendre en compte le rôle majeur de l’océan comme “moteur du climat” et chasser l’idée que seuls ceux vivant près des côtes sont concernés par les questions de pollutions marines. L’éducation à l’océan, est bien loin de n’être que pour les enfants !

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La Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO